Alexandre Alexandrovitch Alekhine (Александр Александрович Алехин) naît le 1er novembre 1892 à Moscou dans une famille de la haute aristocratie russe. Son père, propriétaire terrien et député à la Douma, et sa mère, fille d'un riche industriel, lui assurent une éducation privilégiée. Le jeune Alexandre découvre les échecs à sept ans et manifeste immédiatement un talent exceptionnel.
À seize ans, il remporte le championnat de Russie amateur et, en 1914, se classe troisième au tournoi international de Saint-Pétersbourg, derrière le champion du monde Emanuel Lasker et le futur champion José Raúl Capablanca. La Première Guerre mondiale interrompt sa carrière : Alekhine s'engage comme infirmier sur le front et reçoit deux décorations pour bravoure.
La Révolution d'octobre 1917 bouleverse la vie d'Alekhine. Brièvement arrêté par la Tcheka à Odessa en 1919, il parvient à quitter la Russie en 1921 et s'installe à Paris. Il y épouse Grace Wishaar, une Américaine, et obtient la nationalité française en 1925 après avoir soutenu une thèse de doctorat en droit à la Sorbonne.
Paris devient sa base, mais Alekhine voyage sans cesse pour participer aux tournois internationaux. Brillant polyglotte parlant sept langues, il s'intègre dans les milieux intellectuels de la capitale et fréquente la communauté russe en exil. Son ambition dévorante est désormais tournée vers un seul objectif : arracher le titre mondial au Cubain Capablanca, réputé invincible. Ce destin franco-russe illustre la richesse des liens culturels entre la France et la Russie.
En 1927, à Buenos Aires, Alekhine affronte Capablanca dans un match pour le titre mondial qui reste l'un des plus célèbres de l'histoire des échecs. Contre toute attente, le Russe naturalisé français l'emporte après 34 parties épuisantes (6 victoires, 3 défaites, 25 nulles). Le monde des échecs est stupéfait : le « joueur-machine » cubain, invaincu depuis huit ans, a été détrôné.
Alekhine défend son titre avec succès contre Bogolioubov en 1929 et 1934, mais le perd en 1935 face au Néerlandais Max Euwe. Déterminé à le reconquérir, il se discipline, arrête l'alcool et remporte la revanche en 1937 de manière écrasante. Il reste champion du monde jusqu'à sa mort à Estoril (Portugal) le 24 mars 1946, dans des circonstances restées mystérieuses.
Le style d'Alekhine a révolutionné les échecs. Combinant une imagination débordante à une préparation rigoureuse, il était capable de sacrifices spectaculaires et de combinaisons d'une profondeur vertigineuse. Sa défense Alekhine (1.e4 Cf6), ouverture provocatrice où le cavalier noir attire les pions blancs pour mieux les attaquer ensuite, témoigne de son goût pour le risque calculé.
Alekhine était aussi un redoutable joueur à l'aveugle. En 1933, à Chicago, il établit le record de 32 parties simultanées jouées sans voir l'échiquier, remportant 19 victoires, annulant 9 parties et n'en perdant que 4. Ce patrimoine échiquéen fait partie intégrante de l'héritage culturel russe.
Initialement enterré à Estoril, Alekhine est réinhumé en 1956 au cimetière du Montparnasse à Paris, grâce aux efforts de la FIDE (Fédération internationale des échecs). L'épitaphe gravée sur sa pierre tombale résume sa vie extraordinaire :
« Alexandre Alekhine, génie des échecs de Russie et de France, 1er novembre 1892 - 25 mars 1946, champion du monde des échecs de 1927 à 1935 et de 1937 à sa mort. »
Sa tombe, souvent fleurie par des admirateurs, porte un échiquier en mosaïque. Elle est située non loin de celles d'autres célébrités franco-russes du Montparnasse. La visite de ce lieu permet de découvrir les traces de la Russie dans le paysage parisien, aux côtés de nombreuses autres personnalités russes à Paris.
La tombe d'Alexandre Alekhine se trouve au cimetière du Montparnasse à Paris (14e arrondissement). L'épitaphe indique : « Alexandre Alekhine, génie des échecs de Russie et de France, champion du monde des échecs de 1927 à 1935 et de 1937 à sa mort ».
Après la Révolution de 1917, Alekhine est brièvement emprisonné par les bolcheviks. Il quitte la Russie en 1921, s'installe en France et obtient la nationalité française en 1925. Il y restera jusqu'à sa mort, tout en voyageant pour ses tournois internationaux.
Alekhine est le seul champion du monde d'échecs à être mort en détenant le titre. Il a remporté le championnat du monde deux fois (1927 et 1937) et détient le record de la plus longue partie à l'aveugle en simultanée (32 parties en 1933). Son style combinatoire agressif a révolutionné les échecs modernes.
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