Boris Leonidovitch Pasternak (Борис Леонидович Пастернак) naît le 10 février 1890 à Moscou dans une famille de l'intelligentsia artistique. Son père, Leonid Pasternak, est un peintre renommé, ami de Tolstoï dont il illustre les oeuvres. Sa mère, Rosa Kaufman, est une pianiste de talent. Le jeune Boris grandit dans un milieu impregné d'art, de musique et de littérature.
Pasternak hésite longtemps entre la musique (il étudie la composition avec Scriabine), la philosophie (il suit les cours de Hermann Cohen à Marburg en 1912) et la poésie. C'est finalement la poésie qui l'emporte. En 1914, il publie son premier recueil, Le Jumeau dans les nuages, qui révèle un talent original mêlant images audacieuses et musicalité du vers.
Son recueil Ma soeur la vie (Сестра моя — жизнь, 1922), écrit pendant l'été révolutionnaire de 1917, le consacre comme l'un des plus grands poètes russes de son temps. Sa poésie, d'une richesse métaphorique exceptionnelle, célèbre la nature, l'amour et la création avec une intensité sans pareille. Marina Tsvétaïeva, avec qui il entretient une correspondance passionnée, le considère comme le plus grand poète de sa génération.
Pendant les années 1930, Pasternak se trouve dans une position de plus en plus difficile. Il refuse de se soumettre aux exigences du réalisme socialiste et se réfugie dans la traduction. Ses traductions de Shakespeare (Hamlet, Macbeth, Le Roi Lear) et de Goethe (Faust) deviennent des classiques de la langue russe. Staline le protège mystérieusement, déclarant à son sujet : « Ne touchez pas à ce rêveur des nuages ».
Dans sa datcha de Peredelkino, Pasternak travaille pendant dix ans (1945-1955) à son unique roman, Le Docteur Jivago (Доктор Живаго). L'oeuvre retrace le destin de Iouri Jivago, médecin et poète, à travers les bouleversements de la Révolution russe et de la guerre civile. C'est un hymne à la vie individuelle, à l'amour et à la poésie, face aux forces aveugles de l'Histoire.
Le manuscrit est refusé par toutes les revues soviétiques. En 1957, il est publié clandestinement en Italie par l'éditeur Feltrinelli, puis traduit dans le monde entier. Le roman devient un best-seller international et un symbole de la résistance intellectuelle au totalitarisme soviétique, à l'image d'autres oeuvres publiées à l'étranger comme Vie et destin de Grossman.
« L'homme est né pour vivre, et non pour se préparer à vivre. » — Boris Pasternak, Le Docteur Jivago
En octobre 1958, Pasternak reçoit le prix Nobel de littérature « pour sa contribution remarquable à la poésie lyrique contemporaine et au grand épic russe ». La réaction du régime soviétique est violente : campagne de presse déchaînée, exclusion de l'Union des écrivains, menaces d'exil et de déchéance de nationalité.
Pasternak, déchiré entre l'honneur du prix et son attachement à la Russie, est contraint de refuser le Nobel. Il écrit au présidium du Comité central : « Quitter ma patrie m'est équivalent à la mort. » Il reste à Peredelkino, ostracisé et surveillé, mais continue d'écrire jusqu'à sa mort d'un cancer du poumon le 30 mai 1960.
Après la chute de l'URSS, Le Docteur Jivago est enfin publié en Russie en 1988 et Pasternak est réhabilité. Son fils Evgueni reçoit le prix Nobel à titre posthume en 1989. L'oeuvre poétique de Pasternak, longtemps éclipsée par la célébrité du roman, est aujourd'hui reconnue comme l'une des plus importantes de la littérature russe du XXe siècle.
Le film de David Lean (1965), avec Omar Sharif, a contribué à faire connaître l'oeuvre dans le monde entier. La maison de Peredelkino, devenue musée, reste un lieu de pèlerinage littéraire. Pasternak incarne la figure de l'artiste qui refuse de sacrifier sa liberté intérieure au pouvoir politique, un thème central du patrimoine culturel russe.
En 1958, Pasternak reçoit le prix Nobel de littérature pour Le Docteur Jivago. Sous la pression des autorités soviétiques qui considèrent le roman comme antipatriotique, il est contraint de refuser le prix. Il est exclu de l'Union des écrivains et menacé d'exil.
Le Docteur Jivago raconte l'histoire de Iouri Jivago, médecin et poète, à travers les bouleversements de la Révolution russe et de la guerre civile. Le roman dépeint le destin d'un homme pris entre l'amour, l'art et les violences de l'Histoire.
La maison de Pasternak à Peredelkino, près de Moscou, est devenue un musée. C'est là qu'il a écrit Le Docteur Jivago et qu'il est mort en 1960. Sa tombe se trouve dans le cimetière de Peredelkino.
© 2026, Les Amis de Paris—Saint-Pétersbourg