Né dans une famille de la bourgeoisie de Kiev, Serge Lifar découvrit la danse tardivement, à l'âge de quatorze ans, en entrant à l'école de Bronislava Nijinska, sœur du légendaire Nijinski. Malgré ce début tardif pour un danseur, son talent naturel, sa musicalité et sa détermination fulgurante attirèrent rapidement l'attention.
En 1923, Nijinska, alors chorégraphe des Ballets russes, envoya cinq de ses élèves de Kiev à Diaghilev à Paris. Parmi eux, Lifar. Le directeur des Ballets russes, charmé par la personnalité et le potentiel du jeune danseur, le prit sous sa protection et en fit son dernier protégé, après Nijinski et Massine.
Au sein des Ballets russes, Lifar progressa à une vitesse prodigieuse. Il étudia avec le maître Enrico Cecchetti et devint rapidement danseur étoile de la compagnie. Il créa des rôles dans les ballets de George Balanchine, notamment Apollon musagète (1928) de Stravinsky et Le Fils prodigue (1929) de Prokofiev, deux œuvres qui marquèrent l'histoire de la danse.
La mort de Diaghilev à Venise le 19 août 1929 fut un choc pour Lifar. Il accompagna son mentor dans ses derniers moments et hérita de sa précieuse collection de livres et manuscrits sur la danse. La disparition de Diaghilev entraîna la dissolution des Ballets russes, mais ouvrit à Lifar un nouveau chapitre.
« Diaghilev m'a tout appris : non seulement la danse, mais la musique, la peinture, le sens du théâtre. Il a fait de moi un artiste complet. » — Serge Lifar
En 1929, Jacques Rouche, directeur de l'Opéra de Paris, invita Lifar comme danseur étoile pour Les Créatures de Prométhée de Beethoven. Le succès fut tel qu'en 1930, à seulement 25 ans, Lifar fut nommé maître de ballet et premier danseur de l'Opéra de Paris.
Il occupa ce poste pendant près de trente ans (1930-1944, puis 1947-1958), transformant en profondeur le ballet français. À son arrivée, le corps de ballet de l'Opéra était en déclin ; Lifar lui rendit son prestige international en :
Son maintien en poste pendant l'Occupation (1940-1944) lui valut des accusations de collaboration à la Libération. Suspendu temporairement, il fut rétabli en 1947 après que les charges eurent été abandonnées.
Parmi les quelque 200 ballets créés par Lifar, plusieurs sont restés au répertoire :
Lifar développa également une théorie du mouvement qu'il appela la « choréautie », visant à établir la danse comme un art autonome, indépendant de la musique. Ses ouvrages théoriques, dont Le Manifeste du chorégraphe et Traité de la danse académique, font référence dans l'histoire de la danse.
Lifar vécut l'essentiel de sa vie à Paris, où il devint une figure emblématique de la vie culturelle. De 1955 à 1985, il résida rue de Castiglione dans le 1er arrondissement, à deux pas du jardin des Tuileries et de l'Opéra. Une plaque commémorative y rappelle sa mémoire :
« Ici de 1955 à 1985, vécut SERGE LIFAR (1904-1986), éminent chorégraphe du XXe siècle, originaire de l'Ukraine, qui fut danseur étoile et maître de ballet à l'Opéra National de Paris. »
Lifar est l'une des grandes figures de la présence culturelle russe en France. Avec Diaghilev, Nijinski, Balanchine et Noureev, il incarne la tradition d'excellence de la danse russe qui féconda le ballet français tout au long du XXe siècle.
Il mourut à Lausanne le 15 décembre 1986 et fut inhumé au cimetière Sainte-Geneviève-des-Bois près de Paris, nécropole des émigrés russes, aux côtés de nombreux compatriotes illustres.
La plaque se trouve rue de Castiglione dans le 1er arrondissement de Paris, où il vécut de 1955 à 1985. Elle rappelle qu'il fut « éminent chorégraphe du XXe siècle, originaire de l'Ukraine, danseur étoile et maître de ballet à l'Opéra National de Paris ».
Serge Lifar créa environ 200 ballets au cours de sa carrière, dont la plupart pour l'Opéra de Paris. Parmi ses créations les plus célèbres : Icare (1935), Suite en blanc (1943) et Les Mirages (1947).
Diaghilev découvrit Lifar en 1923 à Kiev et en fit son dernier protégé. Lifar devint rapidement danseur étoile des Ballets russes. Après la mort de Diaghilev en 1929, Lifar hérita de sa collection personnelle de livres et manuscrits sur la danse.
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