La cathédrale Saint-Isaac : dôme doré de Saint-Pétersbourg

La cathédrale Saint-Isaac (Исаакиевский собор) est l'un des monuments les plus majestueux de Saint-Pétersbourg. Bâtie par l'architecte français Auguste Ricard de Montferrand entre 1818 et 1858, c'est la troisième plus grande cathédrale d'Europe après Saint-Pierre de Rome et Saint-Paul de Londres, avec ses 111 mètres de long, 97 mètres de large et un dôme culminant à 101,5 mètres.

Sommaire

Cathédrale Saint-Isaac de Saint-Pétersbourg avec son dôme doré
La cathédrale Saint-Isaac et son dôme doré dominant la place du même nom

Montferrand, un Français au service des tsars

Auguste Ricard de Montferrand (1786-1858), architecte né à Chaillot près de Paris, arriva en Russie en 1816 avec un portfolio de dessins qui séduisit le tsar Alexandre Ier. À seulement trente ans, il reçut la commande la plus prestigieuse de l'Empire : reconstruire la cathédrale dédiée à saint Isaac de Dalmatie, patron de Pierre le Grand (né le jour de sa fête, le 30 mai). Montferrand consacra les quarante dernières années de sa vie à ce chantier colossal.

La cathédrale qu'il conçut s'inspire du néoclassicisme, avec des emprunts au Panthéon de Paris et à Saint-Paul de Londres. Montferrand réalisa également la colonne Alexandre sur la place du Palais, le plus haut monolithe de granit au monde. Il mourut un mois à peine après la consécration de la cathédrale en 1858. Les architectes étrangers ont profondément façonné le visage de Saint-Pétersbourg.

Quarante ans de construction

Les travaux commencent en 1818 et durent quarante ans, traversant les règnes de trois tsars : Alexandre Ier, Nicolas Ier et Alexandre II. Le chantier mobilise jusqu'à 400 000 ouvriers, dont beaucoup périrent dans des conditions de travail effroyables, notamment lors de la dorure du dôme au mercure (60 ouvriers empoisonnés selon les sources).

L'un des défis majeurs fut la pose des 48 colonnes monolithiques de granit rouge de Finlande, chacune pesant 114 tonnes et haute de 17 mètres. Montferrand conçut un système ingénieux de rampes et de cabestans pour les ériger, une prouesse technique qui prit six ans (1828-1834). Les fondations, plantées dans le sol marécageux de Saint-Pétersbourg, reposent sur 10 762 pieux en bois enfoncés dans la terre, une tâche qui prit à elle seule cinq ans.

Colonnes monolithiques de granit rouge de la cathédrale Saint-Isaac
Les 48 colonnes monolithiques de granit rouge de Finlande, hautes de 17 mètres

Architecture et décoration

L'extérieur de la cathédrale impressionne par ses proportions colossales et la rigueur de son style néoclassique. Les quatre portiques à colonnes corinthiennes sont ornés de frontons sculptés illustrant des scènes de la vie de saint Isaac. Les portes en bronze, inspirées de celles du Baptistère de Florence, représentent des scènes bibliques.

L'intérieur est d'une richesse extraordinaire : 400 œuvres d'art, dont des peintures, des mosaïques, des colonnes de malachite et de lapis-lazuli. La surface totale des décors peints atteint 10 767 mètres carrés. L'iconostase est encadrée de dix colonnes de malachite de l'Oural et de deux colonnes de lapis-lazuli d'Afghanistan, d'une valeur inestimable. La fresque de la coupole, peinte par Karl Brioullov, représente la Vierge en majesté sur une surface de 816 mètres carrés.

Le dôme doré et la colonnade

Le dôme de Saint-Isaac, visible à des dizaines de kilomètres, est l'un des symboles de Saint-Pétersbourg. Recouvert de 100 kilogrammes d'or, il fut doré par la technique de l'amalgame au mercure, remplacée depuis par des méthodes moins dangereuses lors des restaurations. La structure en fonte du dôme, innovante pour l'époque, fut l'une des premières de ce type en Europe.

La colonnade panoramique, accessible après 262 marches, offre à 43 mètres de hauteur l'une des plus belles vues sur Saint-Pétersbourg : la Néva, la perspective Nevski, le Palais d'Hiver, la forteresse Pierre-et-Paul et, par temps clair, le golfe de Finlande. C'est l'une des expériences les plus mémorables pour les visiteurs de la ville, comme le confirment les amateurs d'art et d'architecture russe.

Intérieur de la coupole de la cathédrale Saint-Isaac, fresque de Brioullov
La coupole intérieure ornée de la fresque de Karl Brioullov (816 m²)

Visiter Saint-Isaac aujourd'hui

Depuis 1931, la cathédrale Saint-Isaac est un musée d'État. Elle accueille plus de 3 millions de visiteurs par an, ce qui en fait l'un des sites les plus fréquentés de Russie. Deux billets distincts permettent de visiter l'intérieur de la cathédrale et de monter à la colonnade du dôme (les deux expériences sont complémentaires).

Un pendule de Foucault était suspendu sous la coupole de 1931 à 1986, démontrant la rotation de la Terre — symbole de la vocation scientifique que le régime soviétique voulut donner au lieu. La cathédrale est située place Saint-Isaac, à quelques pas du cavalier de bronze (statue de Pierre le Grand) et de la perspective Nevski.

« La cathédrale de Saint-Isaac est un prodige de grandeur et de richesse ; quand on la voit pour la première fois, on en est écrasé. » — Alexandre Dumas, De Paris à Astrakhan (1858)

Questions fréquentes sur la cathédrale Saint-Isaac

Pourquoi la cathédrale porte-t-elle le nom de Saint-Isaac ?

La cathédrale est dédiée à saint Isaac de Dalmatie, moine byzantin du IVe siècle dont la fête est célébrée le 30 mai, jour de naissance de Pierre le Grand. C'est donc un hommage indirect au fondateur de Saint-Pétersbourg.

Combien de temps a duré la construction ?

La construction a duré quarante ans, de 1818 à 1858, sous la direction de l'architecte français Auguste Ricard de Montferrand. Elle traversa les règnes de trois tsars : Alexandre Ier, Nicolas Ier et Alexandre II.

Peut-on monter sur le dôme de Saint-Isaac ?

Oui, la colonnade du dôme est accessible aux visiteurs. Après 262 marches, on accède à une galerie panoramique à 43 mètres de hauteur offrant une vue spectaculaire sur Saint-Pétersbourg, la Néva et le golfe de Finlande.