Né dans une famille d'origine scandinave (le nom Roerich dérive du vieux nordique), Nicolas grandit à Saint-Pétersbourg dans un milieu cultivé. Son père, notaire réputé, lui transmit le goût de l'archéologie et de l'histoire. Dès l'enfance, le jeune Nicolas participa à des fouilles archéologiques dans la région de Novgorod, où il découvrit les vestiges de la Russie médiévale qui allaient marquer toute son œuvre.
Il étudia simultanément le droit à l'université impériale et la peinture à l'Académie impériale des beaux-arts, dans l'atelier d'Arkhip Kouïndji, le maître de la lumière. Cette double formation façonna un esprit synthétique, aussi à l'aise dans la recherche savante que dans la création artistique.
Ses premiers tableaux, inspirés de l'histoire slave et viking (Les Messagers, 1897, acquis par Tretiakov), révélèrent un coloriste puissant et un imaginaire nourri de légendes nordiques. En 1900-1901, il séjourna à Paris où il fréquenta l'atelier de Fernand Cormon et découvrit l'impressionnisme et le symbolisme.
Le tournant décisif de la carrière de Roerich fut sa collaboration avec Serge Diaghilev et les Ballets russes. En 1909, il créa les décors des Danses polovtsiennes du Prince Igor de Borodine, qui firent sensation à Paris par l'intensité de leurs couleurs et leur évocation de la Russie païenne.
Mais c'est en 1913 que Roerich entra dans l'histoire : il conçut le scénario, les décors et les costumes du Sacre du printemps d'Igor Stravinsky, l'une des œuvres les plus révolutionnaires du XXe siècle. Sa vision de la Russie préchrétienne, avec ses rituels païens et ses paysages primitifs, inspira directement la musique de Stravinsky. La première au Théâtre des Champs-Élysées provoqua un scandale mémorable.
« L'art unira l'humanité. L'art est un et indivisible. L'art a d'innombrables branches, mais une seule racine. » — Nicolas Roerich
Après la Révolution de 1917, Roerich s'installa d'abord en Finlande, puis voyagea en Europe et aux États-Unis où il fonda le Master Institute of United Arts à New York. Mais c'est vers l'Asie que le portait sa vocation profonde.
De 1924 à 1928, il mena avec sa femme Helena et son fils Georges une expédition extraordinaire à travers l'Asie centrale : Inde, Cachemire, Ladakh, Xinjiang chinois, Mongolie, Tibet, Altai sibérien. Sur plus de 25 000 kilomètres, souvent à cheval ou à dos de yak, à des altitudes dépassant 5 000 mètres, il peignit sans relâche les paysages himalayens qui devinrent sa signature artistique.
Les peintures de Roerich de cette période, avec leurs montagnes lumineuses aux teintes de violet, d'or et de bleu profond, constituent un ensemble unique dans l'histoire de l'art. Il peignit également de nombreux monastères bouddhistes, des temples hindous et des paysages désertiques d'une beauté saisissante.
Profondément marqué par les destructions de la Première Guerre mondiale, Roerich consacra une partie de sa vie à promouvoir la protection du patrimoine culturel en temps de conflit. Dès 1929, il proposa un traité international inspiré de la Convention de Genève, mais pour les œuvres d'art et les monuments.
Le 15 avril 1935, le Pacte Roerich fut signé à la Maison-Blanche par les représentants de 21 pays américains, en présence du président Franklin Roosevelt. Ce traité établit que les institutions culturelles, scientifiques et artistiques doivent être protégées en temps de guerre comme en temps de paix.
L'emblème choisi, la Bannière de la Paix — trois cercles rouges dans un cercle, symbolisant l'art, la science et la religion unis dans le cercle de la culture — devait identifier les bâtiments protégés. Le Pacte Roerich jeta les bases de la Convention de La Haye de 1954 de l'UNESCO pour la protection des biens culturels.
Roerich passa les dernières années de sa vie à Naggar, dans la vallée de Kullu (Himachal Pradesh, Inde), où il mourut le 13 décembre 1947. Son corps fut incinéré selon la tradition hindoue, face à l'Himalaya.
Avec plus de 7 000 tableaux répertoriés, Roerich est l'un des peintres les plus prolifiques de l'histoire. Ses œuvres sont conservées dans de nombreux musées :
Nominé plusieurs fois pour le prix Nobel de la paix, Roerich reste une figure singulière : à la croisée de l'art, de l'exploration, de la philosophie et du droit international.
Le Pacte Roerich, signé le 15 avril 1935 à Washington par 21 pays américains, est le premier traité international de protection des institutions culturelles en temps de guerre. Son emblème, la Bannière de la Paix (trois cercles rouges dans un cercle), symbolise l'art, la science et la religion unis dans le cercle de la culture.
Les principales collections se trouvent au Musée Nicolas Roerich de Moscou, au Musée Russe de Saint-Pétersbourg, au Nicholas Roerich Museum de New York et à Naggar (Inde), dans sa dernière résidence transformée en musée. Plus de 7 000 tableaux sont répertoriés.
Roerich créa les décors et costumes du Sacre du printemps (1913) de Stravinsky pour les Ballets russes de Diaghilev. Son scénario de la Russie païenne inspira directement la musique de Stravinsky, et la première provoqua un scandale mémorable au Théâtre des Champs-Élysées.
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