Le sous-marin S-189 (Подводная лодка С-189) est un authentique sous-marin soviétique diesel-électrique de classe Whiskey (Projet 613), construit en 1954 et transformé en musée flottant depuis 2010. Amarré sur le quai du Lieutenant Schmidt, à quelques pas du pont Blagovechtchenski sur la Neva, il offre aux visiteurs une plongée fascinante dans la vie quotidienne des sous-mariniers de la Guerre froide. On y découvre les tubes lance-torpilles, le poste de commandement, les quartiers de l'équipage et la salle des machines — le tout dans un espace confiné de 76 mètres de long.
Le sous-marin S-189 amarré sur la Neva à Saint-Pétersbourg, musée naval en plein air
Les quais de la Neva à Saint-Pétersbourg, où le sous-marin S-189 est amarré depuis 2010 près du pont Blagovechtchenski. Domaine public

Informations pratiques

Nom officielSous-marin musée S-189 (Подводная лодка-музей С-189)
TypeSous-marin diesel-électrique, Projet 613 (classe Whiskey OTAN)
EmplacementQuai du Lieutenant Schmidt (наб. Лейтенанта Шмидта), près du pont Blagovechtchenski, Saint-Pétersbourg
MétroVassileostrovskaya (ligne 3, verte) puis 15 min à pied
Construit1954, chantier naval Sudomekhk (Leningrad)
Ouverture musée18 mars 2010
Dimensions76 m de long, 6,3 m de large, déplacement 1 350 tonnes en plongée
À proximitéPont Blagovechtchenski, Académie des Beaux-Arts, Kunstkamera

Histoire du S-189

Le S-189 est construit en 1954 au chantier naval Sudomekhk de Leningrad (aujourd'hui Saint-Pétersbourg), dans le cadre du Projet 613, désignation OTAN « Whiskey class ». Ce projet, inspiré des plans des U-Boot allemands de Type XXI capturés à la fin de la Seconde Guerre mondiale, donna naissance à la plus grande série de sous-marins jamais construite en Union soviétique : 215 unités produites entre 1951 et 1957.

Affecté à la Flotte de la Baltique, le S-189 effectue de nombreuses patrouilles pendant la Guerre froide. Sous-marin d'attaque conventionnel, il est armé de six tubes lance-torpilles (quatre à l'avant, deux à l'arrière) et peut emporter douze torpilles ou des mines marines. Son équipage compte environ 50 hommes, vivant dans un espace extrêmement confiné pendant des missions pouvant durer plusieurs semaines en immersion.

Après 36 ans de service actif, le S-189 est désarmé en 1990. Abandonné dans le port de Kronstadt, il coule partiellement à son poste d'amarrage en 2005. Renfloué grâce à l'initiative d'anciens sous-mariniers et de mécènes, il est restauré pendant cinq ans au chantier naval de l'Amirauté. Le 18 mars 2010, jour anniversaire de la flotte sous-marine russe, le S-189 ouvre ses portes au public en tant que musée flottant, amarré sur le quai du Lieutenant Schmidt.

« Entrer dans le S-189, c'est comprendre ce que signifiait servir sous les mers pendant la Guerre froide : l'exiguïté, la discipline, le silence. »
— Un ancien officier de la Flotte de la Baltique
Poste de commandement du sous-marin S-189, périscopes et instruments de navigation à Saint-Pétersbourg
Le poste de commandement central du S-189, avec ses périscopes, instruments de navigation et tableaux de commande restaurés. Domaine public

Visite de l'intérieur

La visite du S-189 permet de parcourir l'intégralité du sous-marin, de la proue à la poupe, à travers sept compartiments reliés par d'étroites écoutilles. L'espace est si réduit que les visiteurs doivent souvent se baisser et avancer en file indienne — une expérience qui donne une idée très concrète de la vie des sous-mariniers.

Les compartiments torpilles

La visite commence par le compartiment torpilles avant, le plus vaste du bord. On y découvre les quatre tubes lance-torpilles de 533 mm, des torpilles de démonstration et les couchettes de l'équipage installées entre les torpilles de réserve. Le compartiment arrière abrite deux tubes lance-torpilles supplémentaires et les mécanismes de chargement.

Le poste de commandement central

Le coeur du sous-marin : le poste de commandement (центральный пост) concentre les deux périscopes, la barre de plongée, la table de navigation, le sonar et les instruments de contrôle de la profondeur. C'est depuis ce compartiment que le commandant dirigeait les manoeuvres de plongée et d'attaque. Tous les appareils ont été restaurés dans leur état d'origine.

Les quartiers de l'équipage

Les 50 membres d'équipage se partageaient un espace minuscule. La visite montre les couchettes superposées sur trois niveaux, le carré des officiers (à peine plus spacieux), la cuisine (камбуз) où le coq préparait les repas pour tout l'équipage, et les installations sanitaires rudimentaires. Le système de « couchettes chaudes » (partage par roulement) était la norme sur ces sous-marins.

La salle des machines

Le compartiment moteur abrite les deux moteurs diesel de 2 000 ch chacun (pour la navigation en surface) et les moteurs électriques (pour la plongée), alimentés par d'énormes batteries au plomb. Ce double système de propulsion, caractéristique des sous-marins conventionnels, permettait au S-189 d'atteindre 18 noeuds en surface et 13 noeuds en plongée.

La flotte sous-marine russe : brève histoire

La Russie est l'une des pionnières de la navigation sous-marine. Le premier sous-marin russe opérationnel, le Delfin (Дельфин), entre en service en 1903. Pendant la guerre russo-japonaise de 1904-1905, la marine impériale déploie ses premiers submersibles à Vladivostok. Le 19 mars 1906, l'empereur Nicolas II signe le décret créant officiellement la force sous-marine de la marine impériale russe — cette date est célébrée chaque année comme le « Jour de la flotte sous-marine ».

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les sous-marins soviétiques jouent un rôle crucial en Baltique et en mer Noire, malgré des pertes considérables. Le célèbre S-13, commandé par Alexandre Marinesko, coule le Wilhelm Gustloff en janvier 1945, la plus grande catastrophe maritime de l'histoire.

Après 1945, l'URSS lance un programme massif de construction navale. Le Projet 613 (classe Whiskey), auquel appartient le S-189, marque le début de la Guerre froide sous-marine. L'Union soviétique développe ensuite les sous-marins nucléaires : le K-3 Leninski Komsomol (1958), premier sous-marin nucléaire soviétique, ouvre la voie aux redoutables classes Typhon et Akula.

Vue extérieure du sous-marin S-189, musée naval de Saint-Pétersbourg
Saint-Pétersbourg, ancienne capitale impériale et berceau de la marine russe, abrite plusieurs musées militaires exceptionnels. Domaine public

Conseils de visite

Bon à savoir

  • L'espace intérieur est très étroit : les personnes claustrophobes ou à mobilité réduite auront des difficultés. Les écoutilles entre compartiments font environ 60 cm de diamètre.
  • Prévoyez des vêtements confortables et des chaussures plates. Évitez les sacs à dos volumineux.
  • La visite dure environ 45 minutes à 1 heure. Un audioguide en russe et en anglais est disponible.
  • Combinez avec une promenade sur le quai du Lieutenant Schmidt et la visite de la Kunstkamera ou du pont Blagovechtchenski, tout proches.
  • Le musée de l'Artillerie, autre musée militaire majeur de Saint-Pétersbourg, se trouve à une vingtaine de minutes à pied, de l'autre côté de la Neva.
  • Le sous-marin est fermé en cas de mauvais temps (vent fort, gel) pour des raisons de sécurité. Vérifiez avant votre visite en hiver.

Questions fréquentes

Où se trouve le sous-marin S-189 à Saint-Pétersbourg ?

Le sous-marin musée S-189 est amarré sur le quai du Lieutenant Schmidt (naberejnaya Leytenanta Shmidta), à proximité du pont Blagovechtchenski (ancien pont du Lieutenant Schmidt) sur la Neva. La station de métro la plus proche est Vassileostrovskaya (ligne 3, verte), à environ 15 minutes à pied.

Que peut-on voir à l'intérieur du sous-marin S-189 ?

Les visiteurs peuvent explorer l'intégralité du sous-marin à travers sept compartiments : les tubes lance-torpilles avant et arrière, le poste de commandement central avec ses périscopes et instruments de navigation, les quartiers de l'équipage avec les couchettes superposées, la cuisine, et la salle des machines avec les moteurs diesel et électriques. Tous les équipements ont été restaurés dans leur état d'origine.