Nikolaï Prjevalski : explorateur russe d'Asie centrale et cheval sauvage

Temps de lecture : environ 10 minutes | Mis à jour en mars 2026

Nikolaï Mikhaïlovitch Prjevalski (1839-1888) est l'un des plus grands explorateurs et naturalistes russes du XIXe siècle. Officier de l'armée impériale, il mena quatre expéditions légendaires en Asie centrale — Mongolie, Tibet, désert de Gobi, Turkestan chinois — parcourant plus de 30 000 kilomètres à travers des territoires largement inconnus. Il découvrit le dernier cheval sauvage au monde, qui porte désormais son nom.

Fiche biographique

Nom completNikolaï Mikhaïlovitch Prjevalski (Николай Михайлович Пржевальский)
Naissance31 mars (12 avril) 1839, Kimborovo, près de Smolensk
Décès1er novembre 1888, Karakol (Kirghizistan actuel)
NationalitéRusse (Empire russe)
ProfessionOfficier, géographe, naturaliste, explorateur
Expéditions4 expéditions en Asie centrale (1870-1885)
Découvertes majeuresCheval de Prjevalski, chameau sauvage, ours du Tibet
DistinctionsMédaille d'or de la Société géographique russe, médaille du fondateur de la Royal Geographical Society

Jeunesse et formation militaire

Portrait de Nikolaï Prjevalski, explorateur russe du XIXe siècle
Nikolaï Prjevalski en uniforme militaire

Né dans une famille de petite noblesse terrienne près de Smolensk, Nikolaï Prjevalski est d'ascendance polono-cosaque. Son père, officier à la retraite, meurt quand il est jeune. Élevé dans le domaine familial au milieu de la nature, il développe très tôt une passion pour la chasse et l'observation des animaux.

Après des études au gymnase de Smolensk, il entre dans l'armée en 1855. Insatisfait de la vie de garnison, il intègre l'Académie de l'état-major à Saint-Pétersbourg en 1861, où il rédige un mémoire sur la géographie de l'Amour qui attire l'attention de la Société géographique russe.

Première expédition : Mongolie et Chine du Nord (1870-1873)

En 1870, la Société géographique russe finance sa première grande expédition. Avec seulement deux compagnons, Prjevalski traverse la Mongolie, le désert de Gobi, atteint Pékin puis explore le cours supérieur du fleuve Jaune et les marges du Tibet. En trois ans, il parcourt plus de 11 000 kilomètres.

Il rapporte des collections considérables : herbiers de 4 000 plantes, des centaines de peaux d'oiseaux et de mammifères, des relevés topographiques et météorologiques. Ses récits, publiés en russe et traduits dans toute l'Europe, lui valent une renommée internationale immédiate.

Deuxième expédition : Lob Nor et Tibet (1876-1877)

Sa deuxième expédition le mène au Turkestan chinois (Xinjiang actuel). Il explore le lac Lob Nor, dont l'emplacement exact faisait débat parmi les géographes. Il découvre que le lac s'est déplacé au fil des siècles, confirmant les récits de Marco Polo. Il tente d'atteindre Lhassa, capitale interdite du Tibet, mais doit rebrousser chemin face à l'hostilité des autorités tibétaines.

Le saviez-vous ? Prjevalski tenta à trois reprises d'atteindre Lhassa, mais fut à chaque fois arrêté à quelques centaines de kilomètres de la ville sacrée. Le premier Européen à y pénétrer officiellement fut le Britannique Francis Younghusband en 1904.

Le cheval de Prjevalski

Cheval de Prjevalski, dernière espèce de cheval sauvage au monde
Le cheval de Prjevalski (Equus ferus przewalskii), dernière sous-espèce sauvage au monde

La découverte la plus célèbre de Prjevalski est celle du cheval sauvage de Dzoungarie, décrit scientifiquement en 1881 par le zoologue Ivan Poliakov d'après un crâne et une peau rapportés par l'explorateur. Le cheval de Prjevalski (Equus ferus przewalskii) est la dernière sous-espèce de cheval véritablement sauvage au monde — à la différence des mustangs américains, qui sont des chevaux retournés à l'état sauvage.

Au XXe siècle, le cheval de Prjevalski disparut complètement à l'état sauvage (dernier individu observé en liberté en 1969). Grâce à des programmes internationaux de reproduction en captivité à partir de seulement 12 individus fondateurs, l'espèce a été réintroduite en Mongolie (parc de Khustain Nuruu) et en Chine. On compte aujourd'hui plus de 2 000 individus, dont environ 400 en liberté. Le Musée zoologique de Saint-Pétersbourg conserve des spécimens historiques.

Troisième et quatrième expéditions (1879-1885)

Lors de sa troisième expédition (1879-1880), Prjevalski explore le nord du Tibet et découvre plusieurs espèces nouvelles, dont l'ours bleu du Tibet (Ursus arctos pruinosus) et le chameau sauvage de Bactriane. Il cartographie le cours supérieur de l'Yangtse et du Mékong.

La quatrième expédition (1883-1885) le ramène au Turkestan chinois et au Tibet. Il explore le lac Koko Nor (Qinghai), les monts Kunlun et les confins du désert de Taklamakan. Au total, ses quatre expéditions couvrent plus de 30 000 kilomètres de territoires largement inexplorés.

Contributions scientifiques

L'apport scientifique de Prjevalski est considérable :

Ses collections enrichirent considérablement les musées de Saint-Pétersbourg, notamment la Kunstkamera et le patrimoine scientifique russe.

Mort à Karakol et héritage

En 1888, Prjevalski prépare une cinquième expédition. En route vers le Tibet, il s'arrête à Karakol (aujourd'hui au Kirghizistan) au bord du lac Issyk-Koul. Il contracte le typhus après avoir bu l'eau d'une rivière et meurt le 1er novembre 1888, à l'âge de 49 ans. Conformément à ses voeux, il est enterré sur les rives du lac Issyk-Koul.

« Enterrez-moi sur les rives du lac Issyk-Koul, en uniforme et simplement. L'inscription sur ma tombe doit être simple : voyageur Prjevalski. »

La ville de Karakol fut rebaptisée Prjevalsk de 1889 à 1921, puis de nouveau de 1939 à 1992. Un musée Prjevalski y est aujourd'hui établi près de sa tombe, sur les rives du lac.

Monument à Saint-Pétersbourg

Monument à Prjevalski dans le jardin Alexandre, Saint-Pétersbourg
Monument à Prjevalski dans le jardin Alexandre, près de l'Amirauté, Saint-Pétersbourg

Un monument dédié à Prjevalski fut érigé en 1892 dans le jardin Alexandre, près de l'Amirauté, à Saint-Pétersbourg. L'oeuvre du sculpteur I. N. Schreder représente un buste de l'explorateur sur un piédestal en granit, au pied duquel repose un chameau de Bactriane — symbole de ses expéditions en Asie centrale. Ce monument fait partie du parcours des ponts et quais de Saint-Pétersbourg.

La Société géographique russe, dont le siège est également à Saint-Pétersbourg, décerne régulièrement une médaille Prjevalski aux explorateurs méritants, perpétuant la mémoire de ce grand voyageur russe.

Questions fréquentes

Qui était Nikolaï Prjevalski ?

Nikolaï Mikhaïlovitch Prjevalski (1839-1888) était un officier de l'armée russe, géographe, naturaliste et explorateur. Il mena quatre grandes expéditions en Asie centrale (Mongolie, Tibet, désert de Gobi, Turkestan chinois) et décrivit scientifiquement le cheval sauvage qui porte son nom.

Qu'est-ce que le cheval de Prjevalski ?

Le cheval de Prjevalski (Equus ferus przewalskii) est la dernière sous-espèce de cheval sauvage au monde. Découvert en 1878 par Prjevalski en Dzoungarie (ouest de la Mongolie), il faillit disparaître au XXe siècle. Grâce à des programmes de reproduction en captivité, il a été réintroduit dans la nature en Mongolie et en Chine.

Combien d'expéditions Prjevalski a-t-il menées ?

Prjevalski mena quatre grandes expéditions en Asie centrale : Mongolie et nord de la Chine (1870-1873), Lob Nor et Tibet (1876-1877), Tibet central (1879-1880) et une dernière expédition (1883-1885). Il mourut en 1888 au début d'une cinquième expédition.

Où peut-on voir un monument à Prjevalski à Saint-Pétersbourg ?

Un buste de Prjevalski est installé dans le jardin Alexandre près de l'Amirauté, à Saint-Pétersbourg. Le monument représente l'explorateur avec un chameau de Bactriane à ses pieds, symbolisant ses expéditions en Asie centrale.

Comment Prjevalski est-il mort ?

Prjevalski mourut du typhus le 1er novembre 1888 à Karakol (aujourd'hui au Kirghizistan), alors qu'il préparait sa cinquième expédition en Asie centrale. La ville fut rebaptisée Prjevalsk en son honneur.

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