L’abolition du servage – sources
SOURCES et EXTRAITS LUS le jeudi 27 janvier 2011 par Gérard PIERSON
SOURCES et EXTRAITS LUS le jeudi 27 janvier 2011 par Gérard PIERSON
GLOSSAIRE Russe > français préparé par Gérard PIERSON
Préparée par Gerard PIERSON et largement inspiré du “Dictionnaire d’histoire et de civilisation RUSSIE” d’Andreï KOZOVOÏ (éd. Ellipse 2010) et de “Le Statut du paysans libérés du servage 1861-1961″ de Roger PORTAL (p. 123).
Le vendredi 10 décembre 2010 avait lieu la table ronde autour de Augustin Betancourt dans le cadre des architectes et des ingénieurs français en Russie (première moitié du XIXe siècle).
L’action des experts techniques français en Russie, des architectes et ingénieurs en premier lieu, a une histoire ancienne. Le gouvernement russe fait traditionnellement appel à eux dans le cadre de grands projets étatiques visant à augmenter le potentiel défensif du pays (fortification, artillerie, marine de guerre), à embellir les villes (bâtiment, infrastructures, aménagement urbain), à assurer une meilleure emprise sur le territoire (travaux publics). Déjà nombreux au XVIIIe siècle, ces spécialistes s’imposent en véritables maîtres d’œuvre des réformes d’Alexandre Ier qui veut moderniser le système des travaux publics dans l’empire.
Paradoxalement, l’intervention des experts français en Russie durant cette période décisive est en grande partie due de la médiation d’Augustin Betancourt (1758-1824), ingénieur, savant et pédagogue espagnol dont la culture technique spécifique s’est forgée au fil de ses nombreux séjours professionnels en France et en Angleterre (1784-1798) auxquels il faut ajouter une imposante carrière de chef des travaux publics en Espagne (1799-1808). Cette expérience plurielle a contribué à faire de Betancourt un expert polyvalent et un médiateur de taille européenne. Venu en Russie en 1808, sur l’invitation d’Alexandre Ier, et associé d’emblée à la réforme de l’administration des travaux publics, il s’y est montré fervent promoteur du modèle français notamment dans la formation des ingénieurs. Son cercle de collaborateurs, des ingénieurs et architectes d’origines diverses, est un véritable laboratoire où fusent idées et innovations, dont les retombées sur l’art et l’architecture russes seront rapidement matérialisées.
Nous consacrons ainsi cette table ronde à l’étude des sociabilités professionnelles de Betancourt en Russie, en privilégiant les architectes et les ingénieurs des travaux publics parmi lesquels les représentants de la France ont joué un rôle déterminant. En effet, experts reconnus ou débutants obscurs, hommes de métier ou hommes de fortune, ces Français se posent collectivement en bâtisseurs d’une nouvelle culture technique émergente, vouée à reconfigurer à terme le paysage socio-économique et technico-culturel de l’immense empire. En échange, la Russie est devenue pour ces hommes une terre d’opportunités inédites, de carrières fulgurantes mais aussi, parfois, d’échecs cuisants dus aux enjeux politiques, aux clivages relationnels et aux conflits des mentalités. Les membres de ce groupe constituent encore une nébuleuse qui, à ce jour, n’a pas été étudiée dans son ensemble. Combler cette lacune est l’objectif de la table ronde lors de laquelle des historiens venus des différents pays d’Europe viendront présenter leurs contributions inédites et originales.

• Dominique Bourel (Centre Roland Mousnier, CNRS, Université Paris-Sorbonne)

• Augustin Betancourt : un ingénieur des Lumières à l’œuvre de la médiation, par Irina Gouzévitch (Centre Maurice Halbwachs, EHESS)
• Ingénieurs et architectes français au Portugal : étude d’un cas en parallèle, par Ana Cardoso de Matos (Université d’Evora, Portugal)

• L’expérience au pluriel ? Ce que Betancourt aurait appris dans le ‘premier pays industrialisé au monde [la Grande Bretagne], par Peter Jones (Université de Birmingham)
• Séance présidée par André Grelon (Centre Maurice Halbwachs, EHESS)
250ème anniversaire d’Augustin de Betancourt y Molina (1758-1824) : numéro spécial de « Quaderns d’Història de l’Enginyeria », par Antoni Roca-Rosell (Centro de Recerca per a la Història de la Tècnica ETSEIB, Barcelone)
• Architectes et ingénieurs français en Russie, au XVIIIe siècle : prologue à l’action à grande échelle (survol sur la base des matériaux du « Dictionnaire biographique »), par Vladislav Rjéoutski (Université de Paris Ouest)

• Le cercle international de Betancourt en Russie : l’effet du creuset, par Dmitri Gouzévitch (CERCEC, EHESS)

• La Russie, terre d’opportunités : architectes et ingénieurs français au service de la Couronne, un esquisse de portrait de groupe, sous la présidence de Francine-Dominique Liechtenhan (Centre Roland Mousnier, CNRS, Université Paris-Sorbonne)

• L’architecte Thomas de Tomon, l’un des premiers urbanistes de Saint-Pétersbourg, par Andrej Punin (Académie des Beaux-Arts de St-Pétersbourg)

• Montferrand-dessinateur : le talent du peintre au service d’une carrière d’architecte, par Éléna Dogadaéva, Mansur Dominov (Musée de la cathédrale de St-Isaac, St-Pétersbourg) et Jacques Talbot (Montferrand Renaissance, Clermont-Ferrand)

• Eugène Pascal à Saint-Pétersbourg: vie et œuvre d’un architecte français oublié, par Alexandre Kviatkovski, Véra Bondarchuk (Musée de la cathédrale de St-Isaac, St-Pétersbourg) et Françoise Gibert (Montferrand Renaissance, Clermont-Ferrand)

• Antoine Mauduit, grand urbaniste aux ambitions frustrées, par Zoja Jurkova (Comité du Contrôle pour l’entretien et la protection des monuments historiques, St-Pétersbourg)
• Le Français Paul Jacquot, architecte du classicisme tardif pétersbourgeois, par Ksenia Beloüs (Académie des Beaux-Arts de St-Pétersbourg)
• Antoine Raucourt : un technocrate au service de la Russie, par Hélène Vérin (CNRS)
Avec le soutien des institutions suivantes :
- l’Agence nationale de la Recherche
- le Centre Roland Mousnier (CNRS, Université-Paris-Sorbonne)
- le Centre d’Etudes slaves (Université-Paris-Sorbonne)
- le Musée d’Etat « Cathédrale Saint-Isaac », Saint-Pétersbourg
- le Consulat de France à Saint-Pétersbourg
Gérard PIERSON
Président
Amis de Paris—Saint-Pétersbourg
A L’OCCASION DE SON 150ème ANNIVERSAIRE
L’ABOLITION DU SERVAGE
EN RUSSIE
1861-2011
le jeudi 27 janvier 2011 à 19 h
Etymologie et histoire du mot : Servus > Serf, servage > le doublet : serviteur et serveur, au service de, servile…
• L’esclavage et le servage dans l’antiquité nordique ;
• L’esclavage/servage : prisonnier de guerre, esclavage par dette ;
• Renforcement du servage sous Catherine II : droit de suite, les possibilités de changer de maître autour de la Saint-Georges se réduisent…
Lecture d’extraits des ouvrages suivants :
• Chappe d’Auteroche Voyage en Sibérie, (1768) auquel fait écho les réponses cinglantes de Catherine II dans son Antidote~ 1770)
• Radichtchev Voyage de Moscou à Saint-Pétersbourg (1790) ouvrage pour lequel il fut condamné à mort et, de fait, exilé en Sibérie , par Catherine II
• Gogol Les âmes mortes (1842) (d’après un fait divers réel : escroquerie sur l’hypothèque de serfs morts…)
• Tourguéniev Mémoires d’un chasseur (1847…) Ce fut cet ouvrage, recueil d’un certain nombre de nouvelles, qui décida Alexandre II « qu’il fallait quelque chose par le haut »
Pour la période cruciale des années 1850, notre analyse repose largement sur l’ouvrage de Roger Portal Le statut des paysans libérés du servage 1861-1961, ouvrage de quelque 300 pages publié à l’occasion du centenaire de l’événement.
Le cabinet secret d’Alexandre II, puis les cabinets de rédactions planchèrent sur la question qui s’avéra beaucoup plus complexe qu’initialement prévue :
- D’abord limiter les cas les plus choquants (séparation des enfants et des couples). La diversité des terres (riches ou tchernozëm (=noires), terres pauvres ou Nietchernozëm, régions forestières…). Les variations locales du prix des serfs. Faut-il laisser gratuitement à vie l’enclos du serf pour sa consommation personnelle. Le cas des serfs artisans. – Dédommagement de cette liberté par corvées ou par redevances ? L’État va-t-il financer le rachat des serfs ? Périodes transitoires (quelle durée : de 3 ans à 49 ans !) ou absence de transition ?
- Simultanément, on assiste, dans le monde, aux efforts de Victor Schœlcher (abolition de l’esclavage – rétabli par Napoléon en 1802 -dans les colonies françaises), mais surtout, aux USA à la Guerre de Sécession (1861-1865) entre les États de l’Union (abolitionnistes) et les États de la Confédération (esclavagistes)…
Disponibles :
1) Une chronologie détaillée
2) Un glossaire russe > français de арендая плата à чернозём
3) la liste des sources
Prochaine conférence Jeudi 24 Mars : Alexandre 1er vu par Napoléon et Talleyrand à Tilsit 1807 et Erfurt 1808
Brasserie Mollard (Salons de l’Isly)
(Inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques)
115 rue Saint-Lazare 75008 PARIS
(face à la gare Saint-Lazare) (plan)
Ces conférences sont traditionnellement suivies d’un dîner
Ce dîner (comprenant le cocktail, vin à discrétion et café) est de
40 € pour les adhérents de l’association
et 45 € pour les non-adhérents :
Pour la bonne organisation du dîner, réservation recommandée
Accompagnée d’un chèque du montant correspondant
(possibilité de n’assister qu’à la conférence)
Concert d’Olga Zhigmitova du vendredi 17 septembre 2010 au Théâtre de la Reine Blanche, organisé par l’association Européenne Gralian Culture Bouriate.
Alexandre Nicolaïevitch Vertinski (Александр Николаевич Вертинский), né en 1889 et mort en 1957, chanteur et compositeur.
© 2012, Les Amis de Paris—Saint-Pétersbourg